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Murambi, Le livre des Ossements

1994. 100 jours. 1 million de morts. Certains faits donnent le tournis, paraissent même inconcevables. Imaginer qu’une composante d’une nation décide d’en exterminer une autre à l’aide de machettes et autres barbaries suffirait à élaborer un scénario bien flippant d’un film de genre. Sauf qu’ici, nous sommes dans la réalité, dans ce qu’elle a de plus crue, de plus ignoble. J’avais entendu parler du livre de Boubacar Boris Diop par Marie Colmant de Canal Plus qui parle de « véritable claque« . Et, de claque, je m’en suis prise une belle. Moi, petit européen tout gentil qui peine à écraser une fourmi, j’entends comme tout le monde relater les atrocités de mes frères humains à travers le prisme bien déformant mais aussi édulcorant des médias. Souvent les images soutiennent difficilement mon regard qui préfère se perdre dans ma réalité. Mais les mots, eux,  ne prennent pas d’autres chemins que celui de l’accès direct de ma conscience la plus lucide.

Au travers des différents univers des personnages, tantôt victimes, tantôt bourreaux, tantôt miraculés, on comprend vite la mécanique impitoyable de la cruauté qu’entraine le rejet. J’ai encore beaucoup de mal à prendre conscience du nombre de mort, des méthodes atroces employées et des souffrances infligées. Peut-être que je n’y arriverais jamais. Toni Morrisson affirme « qu’après un génocide, seul l’art peut redonner du sens« . Et toute l’entreprise de l’écriture de ce roman va dans cette direction comme l’affirme l’auteur dans la passionnante postface. Dans cette dernière il rappelle aussi la responsabilité de l’état français mais plus généralement des sociétés occidentales lors des colonisations (Belges et Allemands dans ce cas).

Murambi, le livre des ossements est un roman exceptionnel que vous devez lire. Pour ne pas oublier toutes les personnes qui sont mortes pendant ce génocide. Pour ne pas oublier que la haine de l’autre conduit au pire (souvenez-vous en en 2012).

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