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Pourquoi je n’achète pas d’eBooks

Le 4 mai était la journée mondiale contre les verrous numériques, les DRM. C’est l’occasion pour moi d’expliquer pourquoi j’évite soigneusement de dépenser mon argent pour des œuvres culturelles verrouillées.

Avant internet, l’industrie avait un allié de taille à ses cotés lui permettant d’empocher régulièrement de l’argent. L’obsolescence du matériau (papier pour le livre, vinyle pour la musique, bande magnétique pour la vidéo) obligeait le consommateur à prendre grand soin de ses achats et surtout en limitait la diffusion au cercle familiale voire à quelques amis. Puis vint le numérique (CD, DVD) avec son lot d’avantages (pureté du son, qualité de l’image, durée de vie) et, parallèlement, les ordinateurs. De plus en plus puissant, ils furent dotés de moyens de clonage (graveurs de CD/DVD) et surtout de compression (Mp3, Divx) qui allaient tout changer sur le planète. L’industrie avait fait entrer le loup dans la bergerie. Nous, pauvres vaches à lait, avions vu le moyen le plus cool de récupérer films et autres musiques sans bourse délier. Bien entendu, tout ceci n’était pas légal (et ne l’est toujours pas), mais nous nous en foutions, nous étions jeunes, nous crevions de faim. Napster marqua un tournant en autorisant le partage sans limite et à des vitesses incroyables de toute la musique imaginable. Les majors commençaient à comprendre que la survie de l’industrie (pas de la musique hein) était en jeu. Pour tenter de remettre dans le droit chemin toutes ses affreuses brebis égarées dans le monde merveilleux de la musique gratuite, elles inventèrent le DRM !  Alléluia ! Apparurent alors une pléthore d’offres légales … mais verrouillées. Le consommateur, après avoir dépensé ses sous, devait se conformer à des conditions d’utilisations ahurissantes l’empêchant d’écouter sa musique où bon lui semble, et d’en limiter la copie. Devant le tollé – et sans doute l’absence de profits – l’industrie musicale abandonna les DRM pour notre plus grand plaisir. Nous avions gagné … une bataille. Je pouvais enfin acheter de la musique (notamment l’excellent 14tracks.com).

Mais la guerre s’annonce rude. De peur de voir l’histoire se répéter, les industries du cinéma et du livre, ayant assistées au combat Majors VS Citoyen prirent peur. Et comme à chaque fois que la peur dicte sa loi, elle engendre des réactions idiotes. Et nous en sommes à ce stade : Aujourd’hui, il est impossible (ou presque) d’acheter légalement un film ou un ebook et d’en profiter simplement !

En plus d’avoir un prix équivalent à l’édition papier, la version numérique est intimement lié soit à un serveur (cette horreur d’Adobe Digital Publishing) soit à un système (Apple pour iBook). Autant de raisons de fuir. Le problème des DRM n’est pas simplement celui d’empêcher l’acquéreur légal d’une œuvre d’en profiter mais pose aussi celui de la pérennité. Lorsque le serveur qui gère les droits d’accès à votre œuvre sera coupé – parce que tôt ou tard, il le sera, soyez en sur – comment lirez vous votre fichier? Et si demain, je décidais de passer sur une tablette gérée par Android, je ferais quoi de mes iBooks?

Si je paie, je veux avoir la liberté de faire ce que bon me semble avec mon achat. Je suis assez grand pour discerner le bien du mal et je déteste l’idée que mes droits soient dirigées par des sociétés privées. J’exige de pouvoir lire, écouter et voir mes fichiers que j’ai payé sur un iPad, un Archos, un S4,  un Kindle, ou une friteuse si j’en ai envie. C’est aussi simple que ça.

Pour être tout à fait juste, je dois dire que j’achète tout de même des eBook, mais uniquement à certaines conditions et à certaines sociétés qui ont décidé de valoriser mon statut de client en respectant mon intelligence et mon libre arbitre.

La démarche de Smashing Mag est exemplaire. Leurs publications numériques sont proposées sans verrous, abordables et ouvert. C’est bien simple, je les ai tous achetés ! Plus près de chez nous, la société Eyrolles fait preuve de maturité en proposant des PDF sans DRM mais marqués à votre nom et adresse. Le seul reproche est le prix trop important par rapport à la version papier.

Je suis plus que jamais prêt à dépenser mon argent pour voir et lire ce que l’industrie des loisirs propose … Mais à une et une seule condition.

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4 commentaires

  1. Mana dit :

    Bonjour,

    Je comprends ce que vous dites…
    Mais une petite précision. Vous n’achetez pas une oeuvre mais vous acheter en réalité un droit d’usage d’un support (un fichier) sur lequel figure cette oeuvre. Celle-ci appartient à son auteur ou à ceux qui le représentent et cette oeuvre est protégée par des droits d’auteur. Si vous aviez écrit un livre numérique et que vous en viviez, seriez-vous ouvert à ce qu’il soit dupliqué et diffusé largement au point de vous pénaliser? Au point que vous ne puissiez plus gagner votre vie? Et imaginons qu’un jour vous ayez acquis une bibliothèque de e-book conséquente et que vous souhaitiez la donner à une bibliothèque municipale…et bien vous ne pourriez pas le faire ou plutôt vous le pourriez en donnant vos droits d’usage. Or pour donner de tels droits, il faudrait que vous les ayez acquis…légalement. Cracker des DRM et diffuser illégalement une oeuvre (le fichier sur lequel elle figure) pénalise les auteurs et leurs revenus. Or sans revenu plus de création ! Ce serait dommage , non?
    Mais en revanche ne pas pouvoir lire le fichier (sur lequel figure une oeuvre) dont on a acheté les droits à partir de n’importe quel terminal, ce n’est en effet pas normal ! Ce qui serait plus juste c’est d’acheter les droits d’usage d’une oeuvre quel que soit le fichier et quel que soit son support de lecture. Qu’en pensez-vous?

    • digiboy dit :

      Merci de votre commentaire. Bien entendu, il est hors de question ici de prôner le piratage. Bien au contraire. J’achète des eBooks, mais seulement si est dépourvu de DRM. Je pense que c’est la moindre des choses pour le consommateur honnête puisqu’il est anormal que ce dernier soit plus embêté que celui qui télécharge illégalement des oeuvres. Si DRM, alors je privilégie le format papier.

      Ensuite, vous soulevez un point important. Celui de l’achat de la licence d’utilisation. J’en étais bien conscient avant d’écrire l’article meme si je n’ai pas mentionné ce point. Cependant, il m’amène à une autre reflexion sur le prix de vente des ebooks. En achetant un livre papier, vous acquériez non seulement cette licence, mais aussi l’objet. Les eBooks doivent donc être moins cher puisque seule la licence est octroyée.

      Par rapport à votre dernière question, je suis tout à fait d’accord avec vous concernant le droit d’usage d’une oeuvre quelque soit son support ou la nature du fichier. Ce qui réglerait le problème de la pérennité de la jouissance de ce droit d’usage. Tout cela irait dans le sens du consommateur.

  2. manu dit :

    un peu d’info sur les DRM, ok, il n’y en a jamais trop ;
    en revanche le « schéma explicatif » est des plus c***
    : la majorité de l’humanité, tous sexes confondus, APPRECIE la pratique que vous associez aux drm….

    • digiboy dit :

      Manu, je ne comprends pas très bien le sens de ta phrase : « la majorité de l’humanité, tous sexes confondus, APPRECIE la pratique que vous associez aux drm ».
      Peux tu développer? merci 😉

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